Dans un certain nombre de cas, il n’est pas facile de se
décider sur ce qui est bon ou pas bon. Cela concerne entre autre
tout ce qui a trait à l’aspect.
Si rien n’est mis en place pour essayer de normer cela, voilà ce qui risque d’arriver :
- perte de temps au niveau de la ligne de production car cherche un
référant pour leur dire ce qui est acceptable ou non
- discrédit des référents qui, en fonction des
pressions clients (ou non) vont changer leur critère (plus ou
moins « durs »)
- discrédit des référents car 2 référents ne vont pas avoir le même avis
- perte de temps au niveau des services supports car il va falloir
aller, plus ou moins souvent, aller voir les pièces en
production pour dire si cela est acceptable ou non
- petit jeu qui peut s’instaurer entre les services
Il faut donc essayer de normer tout cela.
- Parfois, il y des normes clients qui disent ce qui est acceptable ou
non. Souvent, elles sont inexploitables en production car trop
complexes, trop volumineuses …
Il faut donc se créer ses propres outils en partant, bien
sûr, des exigences clients (voir les durcir un peu si cela est
une volonté de la direction).
Dans ces outils, il est important de mettre en valeur ce qui est limite
acceptable et ce qui est limite non acceptable. Cela permet à
l’opérateur de rapidement voir ce qu’il peut laisser
passer et ce qu’il ne doit pas laisser passer.
Ces outils doivent être à proximité des
opérateurs car, il s’agit bien d’un outil de travail.
Dans les outils, ont trouve :
- des pièces (si cela n’est pas trop volumineux), ou des bouts de pièces (des zones à risque)
- des photos de pièces avec des défauts plus ou moins
importants – un petit cahier (format A6) peut être fait
avec les défauts les plus difficiles à appréhender
: sur la page de gauche = défaut admissible ; sur la page de
droite = même type de défaut mais, non admissible.
- des morceaux de pièces (des ronds par exemple) avec des couleurs aux limites pour la peinture
- des feuilles de plastique transparent avec des ronds (ou
carrés …) de différentes tailles => rouge pour
ce qui n’est pas acceptable comme taille de tâche ou grain
et noir pour ce qui est toléré.
- …
Tous ces outils se construisent en fonction de l’historique. Ils
sont donc évolutifs = ne pas attendre la fin d’un projet
pour les mettre en place mais, les construire dès le
début de projet, les mettre sur ligne, valider la
compréhension et l’utilité avec le terrain
(c’est leur outil), et faire évoluer
régulièrement = avoir un système pour capter les
informations).
Un plus est de vérifier régulièrement
l’étalonnage des personnes par rapport à ces outils.
Une méthodologie est de faire un jeu :
Prenons le cas des photos mises en production. Vous vous faites un jeu
de « cartes » (une trentaine) avec des cartes : sans
défaut – défauts acceptables – défauts
non acceptables – voir, éléments manquants
(s’il s’agit de pièces assemblées).
Vous ne notez évidemment pas sur la carte si la pièce est considérée comme bonne ou mauvaise.
Vous prenez une personne de l’atelier et vous lui donner le jeu de carte.
Vous mettez un bac vert et un bac rouge devant la personne.
Vous lui demander alors de mettre les cartes soit dans le bac rouge
(pièce mauvaise), soit dans le bac vert (pièces bonnes).
La personne ne doit pas avoir plus de 10 secondes pour se
décider. A chaque fois que la personne met une carte dans le bac
rouge vous lui demander pour quel défaut elle met la carte dans
le bac rouge.
A chaque carte déposée dans un bac, vous notez si la
décision est bonne ou mauvaise (une carte mise dans le bac rouge
mais, pour laquelle le défaut annoncé ne correspond pas
à un vrai défaut est considéré comme une
mauvaise réponse).
Une fois cela fait une première fois, vous récupérez les cartes et vous battez le jeu.
la personne va faire 5 fois l’opération (= 5 colonne sur votre grille).
Cela vous permet de voir la justesse du jugement de la personne (pas
assez ou trop dure ?). Cela vous permet de voir aussi sa
répétabilité (pour une même carte,
donne-t-elle toujours la même réponse ?).
Nota : la justesse de jugement est assez facile à corriger car,
en général, avec un peu de formation cela va. Par contre,
la répétabiilté est plus difficile à
corriger : pas de constance de la personne.