Une démarche qualité interne ne peut se conduire
correctement sans une bonne démarche qualité
fournisseurs.
Si vous ne le faites pas, la non qualité qui rentre continuera
à perturber votre organisation ce qui a 2 effets potentiels :
- la perturbation fait décroitre la vigilance sur son travail
(car attention focalisée à juguler la non qualité
entrante sur la chaîne de traitement) et génère de
la non qualité
- Vous n’arrivez pas à filtrer toutes la non
qualité de vos fournisseurs et une partie passe chez votre
client.
De plus, rapidement les personnes en interne vous demanderont pourquoi
vous avez tant de d'exigence en interne alors que des tas de non
conformes rentrent dans la société.
Il est important que notre société ainsi que le nos
fournisseurs mettions le minimum de valeur ajoutée avant de
découvrir le problème. Cela pour la santé
financière de tous.
2 phases distinctes mais fortement liées sont à prendre en considération :
L’approche en développement
L’approche en série
Un des points majeurs dans cette démarche est de bien avoir que
la majorité de la qualité se fait lors de la conception.
Il faut donc particulièrement surveiller cette phase =
- faire participer le fournisseur au développement quand cela est possible
- bien lui décrire le besoin fonctionnel (pas rentrer dans sa
technique car il est bien meilleur que vous par contre, bien
décrire les besoins produit et/ou process auquel son produit
doit répondre)
- définir avec lui que à quoi doit répondre son
conditionnement (protection des pièces jusqu'à
l'utilisation sur la ligne, sur le chantier ...)
- bien définir avec lui les côtes à suivre avec les
intervalle de tolérance (et vérifier que cela marche sur
l'ensemble des plages de tolérance) => si nécessaire
faire des réunions multifournisseurs s'il y a des interfaces
entre les pièces de différents fournisseurs.
Surveiller les capabilités sur les premières
pièces et s'assurer que les surveillances prévus pour la
série seront suffisant.
- bien vérifier ce qu’il met en place comme moyens de
contrôles en place pour assurer la qualité (lui demander
des résultats de ses contrôles pour s’assurer
qu’il les fait bien)
Ensuite, il faut mettre la pression assez rapidement pour que les bonnes habitudes soient rapidement prises :
- contrôler les premières réceptions de pièces ou services
- si un défaut est vu : lui adresser, de manière
écrite, une notification de non-conformité et demander un
plan d’action
- vérifier que le plan d’action vous donne confiance et lui faire un retour.
-
Durant la série
La qualité est une route sans fin. Il faut donc encourager l'amélioration permanente
Il faut s'assurer que le système est robuste afin de s'assurer
de la pérénité du savoir faire de l'entreprise
Personnellement, je ne suis pas pour le contrôle de chaque
réception sur l’ensemble des fournisseurs. Cela prend trop
de temps et la majeure partie du temps, les produits sont conformes.
Nous avons même arrêté les
prélèvements par échantillonage car la
probabilité de trouver une pièce défectueuse lors
de ces prélèvements était ridiculement faible.
Par contre, en cas de problème, la structure doit pouvoir
réagir rapidement et si possible anticiper en allant faire des
audits chez des fournisseurs « à risques ».
Ce qui est mis en place est donc une structure qui permet de lancer des
tris rapidement (en faisant appel à une structure
extérieure par exemple) pour juguler toute hémorragie se
déclarant.
Ensuite, toute non-conformité doit être adressée au
fournisseur incriminé et, pour les sociétés qui
travaillent avec d’autres sociétés du même
groupe, il ne faut pas faire de différence de traitement entre
« de l’interne » et des fournisseurs «
extérieurs ».
Pour ne pas noyer les fournisseurs sous un tas de plans
d’actions, il faut hiérarchiser les problèmes par
exemple :
Priorité n°1 : problème sécurité
règlementation => traitement par 8D avec délais courts
Priorité n°2 : problème qui est passé
jusqu’à votre client => traitement par 8D avec
délais raisonnable
Priorité n°3 : problème qui perturbe votre production
avec risque que votre client finisse par l’avoir et s’en
apercevoir => traitement par 8D avec délai à valider
ensembles
Priorité n°4 : problème mineur qui peut être du
au métier du fournisseur donc pas toujours facile à
traiter, qui perturbe un peu mais sans plus => traitement par liste
d’actions avec suivi mensuel des améliorations par exemple.
Pour différencier les bons fournisseurs des moins bons, il est
important de comptabiliser les problèmes reçus (en nombre
de pièces) – vous pouvez aussi le rapporter au nombre de
pièces reçues de ce même fournisseur pour comparer
les fournisseurs sur « leur taux de service)
Nota : ce qui fait la qualité du service,
- c’est l’aptitude à adresser rapidement et
clairement les problèmes aux fournisseurs (n’adresser
« négativement » les problèmes qui sont de
leur faute à 100% - par exemple, si vous trouvez une rayure sur
une pièce en fin de ligne chez vous ou chez votre client,
n’allez pas taper sur votre fournisseur. A la limite, dites lui
que vous avez trouvé un problème et qu’il veuille
bien regarder si cela ne peut pas arriver chez lui => vous gagnerez
en crédibilité !).
- votre capacité à critiquer positivement les actions que
l’on vous propose et demander des compléments si vous
jugez que le fournisseur n’a pas fait l’analyse à
fond ou ne met pas ce qu’il faut en place (sensibilisation du
personnel = ne sert à rien)
Important : dans toutes les phases, il est important de faire des
écrits et plus, les faire co-signer pour éviter toute
discussion ultérieure