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E-mail |

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Chartre e-mail
Le courrier électronique, les managers, les entreprises en ont fait l'un de leurs outils quotidiens.
Pourtant, rares sont ceux qui en maîtrisent toutes les
subtilités. Petit guide pour ne pas avoir de mauvaises surprises
dans sa boîte électronique.
Du danger du mail : cela est complètement intrusif (que c'est lâche de
la part des émetteurs) et, comment celui qui envoie peut avoir
connaissance de votre charge de travail ?
Dis-moi comment tu utilises ta messagerie électronique, je te
dirai quel cadre tu es... Selon une étude de l'observatoire
e-management Dauphine-Cegos, 92% des salariés français
utilisent quotidiennement l'e-mail et reçoiventen moyenne 14,5
messages par jour. Un chiffre qui varie selon leur position dans
l'organigramme. Les cadres intermédiaires en reçoivent
beaucoup plus que ceux situés aux deux extrémités
de la hiérarchie, c'est-à-dire les employés et
les cadres dirigeants. Autrement dit, plus vous assumez de
responsabilités opération-nelles, plus votre messagerie
se remplit.. Le mail s'est imposé comme un outil de management,
au même titre que les réunions ou que les entretiens en
face à face. Pourtant, les spécialistes de la
communication en entreprise assurent que bien peu savent vraiment
l'utiliser. A tel point que des chartes d'utilisation de l'e-mail sont
mises en place dans les grandes entreprises et que les organismes de
formation proposent des stages de rédaction d'e-mails. Voici
quelques pièges à éviter pour mieux utiliser ces
demiers dans votre management quotidien.
PIEGE N0 1
FAIRE DE L'HUMOUR ET UTILISER DES PHRASES A DOUBLE SENS
"Le problème avec les e-mails, c'est que les gens les
écrivent comme ils parlent, mais les lisent comme des courriers
classiques. Du coup, cela crée facilement des malentendus."
Cette observation, Bénédicte Bailleul, consultante senior
à la Cegos, la tire de son expé-rience. A un message de
féli-citation envoyé à un membre de son service
("Cela fait plaisir de pouvoir compter sur son équipe"), la
manager fut très surprise de se voir répondre: "je ne
pen-sais pas que tu le prendrais comme ça." Le collaborateur
avait com-pris que le message était iro-nique. On ne sait jamais
dans quel état d'esprit sera le des-tinataire au moment de la
lec-ture. A éviter absolument toutes les tournures qui peuvent
prêter à confu-sion, les phrases ambigues et l'humour au
second degré. Enfin, utllisez avec pru-dence les
émoticones - les fameux-))))) -' car ils demandent à
être interprétés.
PIÈGE N0 2
ECRIRE DANS LA PRECIPITATION, SANS SE RELIRE
Qui n'a jamais reçu un message jargon-neux et
incom-préhensible ? On a tendance à pren-dre le courrier
électronique pour un outil ludique qui permet d'aller droit au
but. Moyennant quoi,
on se permet de rédiger à la va-vite et de laisser des
fautes. Une pratique qui nous vient des Etats-Unis, où elle ne
choque personne. En France, on est plus rigoureux sur la forme : "Un
messaqe mal rédigé donne une très mauvaise image
du cadre qui en est l'auteur aux yeux de ses subordonnés"
Pour être facilement lisible, il vaut mieux qu'un e-mail
s'af-fiche tout de suite dans son intégralité sur
l'écran de l'or-dinateur. Pour cela, il suffit bien souvent de
l'envoyer accompagné d'une pièce jointe.
L’intitulé indiquant l'objet du message doit annonoer le
mieux possible le contenu de celui-ci et donner envie au destina-taire
de l'ouvrir. Le texte doit comporter des phrases cour-tes et des
paragraphes. Si plu-sieurs points sont évoqués dans
l'e-mail, il est utile de les annoncer dès le début du
mes-sage et, Si possible, de les déta-cher visuellement à
l'aide de tirets ou de puces, qui accro-chent l'oeil. Les post-scriptum
sont à bannir.
PIÈGE N0 3
PENSER QUE LIRE SES E-MAILS, CE N'EST PAS TRAVAILLER
Toutes les études le montrent, les Salariés sont
inondés de mes-sages. Dans une unité de Motorola,
à Toulouse, une enquête interne a
révélé que les cadres estimaient avoir reçu
près de 30% d'e-mails inutiles. "Mais ce sentiment de
surabondance est aussi causée par une mauvaise concep-tion du
courrier électronique, remarque Myriam Bami, direc-trice du
cabinet Main Consul-tants. Trop de cadres considèrent que la
lecture, le traitement et l'archivage de leurs e-mails
reprèsentent un travail venant s'ajouter à leur
véritable mission. Ce sont pourtant des tâches
fonda-mentales pour être efficace !" Il y a une dizaine
d'années encore, les cadres passaient d'ailleurs beaucoup plus
de temps à dépouiller leur courrier postal...
PIÈGE N0 4 ATTENDRE UNE ,REPONSE IMMEDIATE
"Quand j'envoie un e-mail, j'at-tends une réponse dans la
jour-née", affirme la directrice des ressources humaines d'une
PME. Une exigence courante chez les cadres, mais qui n'est pas aussi
évidente dans l'esprit des autres salariés. Beaucoup
considèrent encore qu'un mes-sage électronique est moins
important qu'un coup de télé-phone ou qu'un courrier
clas-sique, et remettent à plus tard le traitement de leurs
e-mails.
Pour clarifier les choses, le cadre peut expliquer, lors d'une réunion, le délai de réponse qu'il
souhaite, quitte à le spécifier de nouveau dans ses
messages. "Quoi qu'il en soit, pour bien géerer son temps, il
n'est pas efficace d'avoir en permanence l'oeil rivé sur sa
boîte electronique", note Alix de Saint-Denis, formatrice pour le
cabinet de conseil CSP. Pour obtenir une réponse rapide, la
mention "Urgent" dans l'objet du message peut aussi servir. Mais le
cadre peut également décrocher son
téléphone...
PIÈGE N05
NE PAS ACCUSER RECEPTION DES MESSAGES IMPORTANTS
« Je ne supporte plus qu'on ne me réponde pas quand
j'envoie en pièce jointe un document qui m'a demandé
beaucoup de travail."Cette remarque exaspérée d'un jeune
salarié met nettement en évidence que le courrier
électronique est bien, au bout du compte, un moyen de
communication entre des personnes et non entre des machines
informatiques. On ne s'adresse pas à son ordinateur, mais
à l'un de ses collabora-teurs. Quand un cadre reçoit un
e-mail important l'envoi rapide d'un message de bonne récep-tion
est donc la moindre des politesses. Cela évite bien des
énervements au salarié ayant envoyé l'e-mail, qui,
s'il n'a pas de réponse au bout de plusieurs jours, finira de
toute façon par décrocher son téléphone.
PIEGE N0 6
DELEGUER LA GESTION DE SA MESSAGERIE
« Je doute qu'Untel ait les epaules pour mener à bien la
mission que tu comptais lui confier." A priori, ce message d'un
directeur envoyé à un chef de service n’a rien de
choquant. Seul problème, il a été ouvert par le
collaborateur en question... Pourquoi ? Parce que le chef de service
précautionneux avait pris soin de lui déléguer la
gestion de sa messagerie électronique avant de partir en
vacances. "Gela arrive plus souvent qu'on ne croit", confie une
consultante.
Pour éviter ce genre de mauvaises surprises, mieux vaut
utiliser les systèmes de consultation des courriers
électroniques à distance. Ou programmer une
réponse automatique indiquant la date de son retour et les
coordonnées d'une personne à contacter en cas
d'urgence. Cela permet aussi aux accros de l'e-mail de
"décrocher" complètement pendant quelques semaines...
PIÈGE N0 7
CRITIQUER UN COLLABORATEUR PAR ECRANS INTERPOSES
C'est le piège le plus grave dans lequel peuvent tomber les
managers. L'impact psycho-logique d'un e-mail contenant une critique
est très fort. Et Si le courrier comporte d'autres
destinataires, le collaborateur le ressentira comme un désa-veu
public de son travail, voire comme une humiliation. Voilà ce qui
explique sans doute pourquoi, dans les affaires de harcèlement
moral aux pru-d'hommes, de plus en plus de dossiers de plaignants
contiennent des e-mails imprimés. "Dès qu'un
cadre est en désaccord avec un mem-bre de son
équipe, il vaut mieux ne pas utiliser la messagerie
électro-nique", prévient Michèle Furs-ter,
animatrice d'un stage de formation à l'utilisation de l'e-mail
à la Cegos. En outre, cela peut apparaître comme de la
lâcheté de la part du manager. Pour adresser des
critiques, des félicitations ou toute remarque mettant en cause
le travail d'un collaborateur, les entretiens entête à
tête restent de loin la meilleure solution!
PIÈGE N0 8
ENVOYER DES INFORMATIONS SENSIBLES OU CONFIDENTIELLES
« Je n'ai pas envie d'aller dans ce bureau, c'est un trou
à rats." Ce message rédigé par un cadre pour se
plaindre d'un démé-nagement a fait le tour de son
entreprise... Et a abouti dans la boîte du président, qui
a demandé sur-le-champ au responsable du service de mieux tenir
ses subordonnés ! Cette histoire montre bien que, mal-gré
son utilisation parfois ludique, l'e-mail laisse une trace
écrite et peut constituer une preuve. "Une fois qu'il est
envoyé, le message électronique n'ap-partient plus
à' son auteur". La fonction "transférer à" permet,
notam-ment, de démultiplier le nom-bre de destinataires d'un
mes-sage en un clic de souris. Face à cet écueil,
l'entreprise Renault somme ses collaborateurs de ne jamais
écrire un message électro-nique qu'ils s'interdiraient
d'exprimer oralement ou par un autre moyen (courrier,
télécopie, etc.)."
PIÈGE N0 9
TROP UTILISER LA FONCTION "COPIE A"
"Un jour, je me suis rendu compte que mon collèque envoyait
systé-matiquement à mon chef -en copie cachée -
les e-mails dans lesquels il me demandait des services. Je me suis dit
que j'avais au moins un ennemi dans l'entreprise..." Le fort
ressentiment de ce salarié s'explique sans doute par le contexte
de quasi-faillite de son entre-prise, mais il trouve aussi sa source
dans deux fonctions de la messagerie électronique "copie
à" et "copie cachée".
Particulièrement difficiles à manier, la fonction ''copie
a est responsable à la fois des boîtes aux lettres
surchargées et de nombreux malentendus. Dès qu'il y a
plusieurs desti-nataires, chacun va se deman-der pourquoi les autres
ont aussi reçu ce message. « Je conseille de mettre
« en copie » uniquement les personnes qui ont des actions
à mener par rapport au contenu de l'e-mail", souligne Myriam
Bami.
PIÈGE N0 10
UTILISER DES E-MAILS, POUR FAIRE LECONOMIE D'UNE REUNION
Cette pratique est l'exemple type de la fausse bonne idée. La
plupart des cadres qui ont essayé de confier une mission
à plusieurs de leurs collabo-rateurs en envoyant un e-mail le
confirment: cela crée sur-tout de la confusion. Chacun a
tendance à comprendre ce qui l'arrange et les tâches les
moins attrayantes ne sont effec-tuées par personne.
De manière générale, dès qu'une
communication concerne plusieurs salariés et qu'elle requiert
des échanges, le cour-rier électronique n'est plus
approprié et la réunion s 'im-pose. En revanche, pour
pré-parer une réunion ou pour en récapituler les
principaux points, un même message peut être adressé
à plusieurs membres d'une équipe.
CHARTE D'ENTREPRISE
Décider des usages du courrier électronique
Pour éviter les mauvaises surprises, le plus efficace est
d'établir les règles d'usage de l'e-mail. Les grandes
entreprises commencent à élaborer des chartes avec des
précisions sur l'utilisation du courrier électronique.
Plus simplement, un cadre peut organiser une réunion pour
répondre aux principales questions ayant trait à l'e-mail:
dans quelles circonstances en envoyer un ? qui mettre en copie? quel
délai de réponse? Début 2002, une unité de
Motorola, à Toulouse, composée quasi exclusivement de
cadres, s'est posé ces questions et a défini dix
règles d'or. Les salariés sont invités à ne
jamais ouvrir un e-mail plus de deux fois sans le traiter. La
règle numéro un, une fois la messagerie
épluchée, en surprendra plus d'un : "Décro-chez
votre téléphone ! Voyez-vous en face à face "
Les travers de l’e-mail :
1) j’ai envoyé un e-mail donc, j’ai fait mon travail ; je l’ai prouvé
2)
il vaut mieux que je mette le maximum de personnes en destinataire pour
montrer que je travaille et, il vaut mieux en mettre plus que moins. De
toute manière, je fais au moins un répondre à « tous ».
3) je ne me
donne pas le temps de faire synthétique &, je garde tout
l’historique des mails précédents pour que les destinataires voient
bien les différents arguments et la chronologie.
4) Je mets tout le monde en destinataire
5) Je réponds à chaque sollicitation même si cela fini par ressembler à une partie de ping-pong.
Effets et corrections :
1)
l’expéditeur oublie que tout le monde ne passe pas son temps derrière
son poste à attendre les e-mails. En cas d’urgence, au moins passer un
coup de fil à l’acteur pour s’assurer qu’il a bien l’information et
qu’il a bien compris ou, se déplacer pour aller le voir.
2) cela a
pour effet de noyer tout le monde avec des sujets pour lesquels les
gens ne sont pas forcément concernés. Nous arrivons ainsi au fameux : «
trop d’information tue l’information ». Bien se poser la question de
qui doit avoir l’information et ne pas à hésiter à enlever des
personnes de la liste (déjà tous ceux que l’on ne connait pas)
3)
les mails prennent du volume et deviennent illisibles. Rester
synthétique et résumer : il vaut mieux qu’une personne résume pour
éviter à chaque destinataire de devoir le faire (économie de temps
globale).
4) En mettant tout le monde en destinataire, on ne sait
plus qui doit faire l’action. Il faut se rappeler que dès qu’il y a
deux personnes responsables d’une action, on a toutes les chances pour
que cela ne soit pas fait. Il faut donc limiter le nombre de personnes
en destinataires et rappeler dans le texte ce que l’on attend de qui.
Les autres personnes sont mises en copie.
5) Cela envenime. Il vaut
mieux finir par prendre son téléphone ou monter une réunion. Ensuite un
mail d’information (commun) peut être diffusé.
Faire aussi
attention au volume des mails envoyés. Il est facile de joindre une
pièce mais, cela peut vite « couler » les boites aux lettres. Penser à
compresser avant d’envoyer.
Ne pas oublier qu’au niveau d’un e-mail :
on traduit plus ou moins bien sa pensée
le destinataire décrypte en fonction de sa culture et de son état psychologique du moment
cela peut amener à des incompréhensions plus ou moins dommageables.
Une chartre pourrait être :
Je choisis les destinataires et ne mets que ceux qui sont indispensables
En cas
de réponse, j'applique la règle ci-dessus. Je ne
réponds pas forcément à tout le monde
En
destinataire, je ne mets que les gens qui ont une action à
réaliser, en copie, les personnes qui doivent être
informées
L'objet du mail est concis et clair pour tout le monde
Je sais
que certaines personnes reçoivent beaucoup de mails. Je suis
donc synthétique et clair (je me relis avant d'envoyer).
En cas
de réponse, je ne garde des mails d'avant que les
éléments indispensables à la compréhension.
En cas
d'envoie de pièces jointes, je comprime pour ne pas saturer le
réseau, ni les boites aux lettres de mes destinataires.
Je sais
que les gens ne restent pas derrière leur bureau à
attendre mon mail. En cas d'urgence, je contacte oralement la personne
de qui j'attends quelque chose. Le mail ne peut être une excuse
à une non réalisation ...
Les
règlements de compte par mails interposés sont
prohibés. Si l'incompréhension s'installe : faite une
réunion.
L'e-management
En combinant les e-mails et l'agenda partagé (si tout le monde
le met bien à jour) ou le gestionnaire de tâches on peut
faire de l'e-management. Par contre dès qu'il s'agit de
confier un travail nécessitant la collaboration, rien ne
remplace une réunion (même rapide) seul moyen de
vérifier si les gens ont bien compris.