Puis canadien ou provençal

Observations :
1) lors de la canicule, des personnes agées et pas forcément en très grande forme on peu souffert de la canicule. La terre-argile crue, il a fait suffisamment frais.
2) Dans maison identique, la chaleur a été plus forte et il a fallu arroser la façade pour rafraîchir la maison. Cette maison un ordinateur avec ses périphériques qui tournent toute la journée et qui ont quelque peu chauffé la maison de l'intérieur. 
3) Dans une autre maison, cela a été pire.  La maîtresse de maison ne supporte pas une maison sans air et elle ouvre les fenêtres, ce qui fait entrer de l'air chaud. Si seulement elle mettait un vieux rideau à mailles fines humidifié cela refroidirait l'air au passage.
Les gens qui ont habité les "pays chauds" connaissent ces techniques avec des linges humides dans la maison, mais pas ceux du nord de l'Europe. Si les Français avaient eu la bonne idée d'interroger les gens du Sud, ils auraient beaucoup moins souffert de la canicule.
Quand on voit les plans officiels pour les étés suivant on parle de climatiseurs. Cela coûte une fortune et est une abération écologique.

Pour tous les lieux où il y a des personnes qui ne supportent pas un lieu sans circulation d'air, la climatisation est totalement inutilisable. La climatisation ne fonctionne qu'en " vase clos ". Tout système d'aération qui apporte de l'air extérieur est incompatible avec les systèmes courants de climatisation.


La climatisation est l'application " absurde " de ce qui fonctionne pour refroidir des aliments, etc. au refroidissement des humains. Or, les humains ont besoin d'air et, de surcroît, d'air correctement ionisé donc d'air extérieur.
Même chose en hiver, si l'on chauffe sans circulation d'air suffisante c'est :
- mauvais pour la santé,
- subjectivement désagréable.


Le puis canadien :
Seul, c’est un dispositif simple et peu coûteux qui s’appuie sur la géothermie de surface (= utilisation de la température du sol).

La maison devant être ventilée, il s’agit de réchauffer l’air extérieur (ou le refroidir en été) avant de le faire entrer dans la maison. Pour cela,  faire passer l’air dans un tuyau enterré car, en hivers, le sol est plus chaud que l’air extérieur. En été le sol est plus frais que l’air extérieur.

Associé à une ventilation, cela améliore nettement l’efficacité et réduit les consommations d’énergie (voir VMC simple flux ou double flux le passage à la double flux n'étant pas évidente en terme de gain complémentaire)


Conception :
Il faut étudier la configuration de la prise d’air (abritée, filtres …), il faut déterminer :
- la longueur (25 à 50 m) ainsi que le diamètre (150 à 200 mm),
- la pente (au mois 2% pour éviter la stagnation d’eau à l’intérieur du tube). Le point haut étant celui proche de l'entrée d'air,
- la matière (PVC ou PE)
- la profondeur d’enterrement (1 à 2m),
- la vitesse de l’air (maxi 1m/s)
- ainsi que le mode d’évacuation des condensats (syphon, infiltration sur lit de cailloux ...)
Tout cela dépend de la capacité thermique du sol, du nombre de pièces à alimenter …




Les 12 principes du puits provençal sont les suivants :

1. Égalitéde flux entre entrée et sortie : Le volume/heure d'air qui entre par le puits provençal doit sortir de la même manière en partie haute de la maison.

2. Répartition des sorties : Dans la maison de Mimi, pour la pièce haute ouest, la sortie d'air est représentée par les fentes entre les planches du plafond qui donne sur la filasse de lin et les voliges sous les tuiles.. On a donc une répartition de la diffusion de l'air. Pas besoin de cheminée de ventilation.
Si, pour tout la maison, on a un point unique de sortie genre cheminée (i) les autres pièces seront mal ventilées (ii) cela fera courant d'air dans la pièce où il y a la cheminée unique.
Remarques : (1) s'il y a une cheminée de foyer, elle peut être la sortie pour une pièce (2) toutes les sortes de "fuites" - d'huisserie, etc.- peuvent servir de sortie.

3. Répartition en entrée : L'air doit aussi être réparti entre les pièces à l'entrée. Par exemple, à partir d'un puits en 200 on peut répartir l'air entrant en deux tuyaux de 150 ou trois tuyaux de 100 - un par pièce - c'est mieux.

4. Répartition interne : Si, pour une raison ou une autre, on a dans la maison des portes fermées et jointives il faut prévoir un "trou" pour l'air. Si l'on veut une isolation phonique il faut une longueur de tuyau avec des "chicanes" = des coudes.

5. Air forcé en sortie ou en entrée : Si l'on fonctionne avec un ventilateur amont, on met la maison en dépression = ça fait entrer de la poussière par toutes les imperfections des huisseries + ça empêche le tirage des poêles, cheminées et aérations de pièces humides, etc... Si on met un ventilateur en aval = au puits, ça met la maison en surpression = OK pour les cheminées de feu et d'aération.

6. Tirage naturel : Personnellement, je ne supporte pas les ventilations qui (i) font un bruit fut-il léger (ii) font un "courant d'air". Je préfère donc la ventilation "naturelle".
Pour qu'elle soit possible il faut :
- soit une maison à deux étages pour avoir un bon tirage,
- soit une entrée du puits provençal côté vents dominants - par exemple Sud et ouest à Lyon.
Le tout avec des passages d'air suffisants entre pièces.

7. Flux dans le puits et les cheminées : Le moins de coudes possible qui freinent le flux. Pas de coudes à 90° mais deux coudes à 45° qui sont plus ouverts.

8. Réglage du flux : Le réglage du flux naturel peut se faire soit en amont soit en aval.
Amont : on ferme la cheminée ou la porte d'un grenier, etc.. - par exemple on ferme les entrées d'air d'un poêle dont la cheminée fait office de sortie d'air.
Aval : dans la maison de Mimi on a une entrée d'air répartie sur 5 tuyaux de 50 alignés "en tuyaux d'orgue" avec des bouchons de liège ; l'autre entrée est un tuyau de 100 qui sort vers le haut et on pose une vieille cocotte comme "couvercle".
Bien veiller à diminuer le flux les jours de grand tirage puisqu'en hiver ça fait perdre des calories, en été ça fait perdre des frigories.

9. Flux maximum : En ventilation naturelle, il faut un diamètre total d'entrée et de sortie de 200 par exemple pour une maison moyenne afin d'avoir un flux suffisant les jours de faible tirage avec du monde à oxygéner.
Très difficile d'être plus précis car équation complexe entre le nombre d'habitants à oxygéner et le flux.

10. Profondeur : Le tube enterré suffisamment profondément à la capacité de rafraîchir l'air en été - d'où le nom de puits provençal -, de le réchauffer en hiver - d'où le nom de puits provençal. La profondeur dépend (i) du climat (ii) de la nature du sol (iii) zone de passage du tube et de captage de l'air ensoleillée ou à l'ombre. Exemple, le gneiss de la Maison de Mimi absorbe l'eau quand il pleut et la rend quand il fait chaud = évaporation = rafraîchissement.

11. Hygrométrie : Un tube en terre cuite - tube de cheminée - permet d'absorber de l’humidité ou d'en restituer selon le temps qu'il fait.

12. Condensation : point le plus bas près de la maison (ou dans la maison).

Questions à explorer :
- pollution de l'air par le radon - gaz radioactif - si l'on est dans certains terrains granitiques.
- "chicanes" pour forcer l'air à lécher les parois.
- tube en métal pour une bonne conduction et matériau moins sensible aux mouvements de terrain que le tube en terre cuite. On perd la régulation hygrométrique. On peut faire une partie en métal, une partie en brique.

Économie d'énergie sur climatisation et chauffage
Je n'ai pas de chiffre sur les économies d'énergie réalisées. La motivation du puits provençal étant d'abord d'avoir de l'air de manière "intelligente", l'économie d'énergie est " en prime ".

Hygrométrie
La maison en terre-argile crue a la capacité de stocker de l'humidité et de la restituer. Dans les périodes de canicule, cela peut être limite d'où l'intérêt d'une solution qui fasse entrer de l'air humidifié.
En hiver, la maison sèche avec le chauffage et les jours les plus froids sont des jours secs donc intérêt de l'air humidifié du puits.

Voir la fiche /gredyco/phenomenes/proprietes_dynamiques.htm

Alain Poussange me signale un article : Puits provençal
Trop débordé, je laisse l'étude comparative des deux articles à un lecteur passionné, toi, par exemple. Au plaisir de tes nouvelles, cher lecteur ;-)