En Europe centrale durant la période froide de l'hiver (
décembre , janvier, février ), les rayons solaires sont
les moins importants, tandis que la température
extérieure est la plus faible. Les apports solaires sont par
conséquent à optimiser. La fenêtre fonctionne comme
un collecteur solaire passif : elle collecte l'énergie solaire
qui va chauffer la pièce située derrière.
Le vitrage doit avoir un coefficient de transmission de chaleur le plus
bas possible ( il ne doit pas dépasser les 0,5 W (m²K) ),
afin de réduire les déperditions thermiques, tout en
ayant un degré de passage d'énergie totale important,
afin d'optimiser les apports énergétiques solaires. Un
compromis entre les deux est à envisager. De manière
générale, le coefficient de transmission de chaleur a une
valeur entre 0,5 et 0,8 W /( m²K) et le degré de passage
d'énergie totale doit rester supérieur à 0,45.
Un double vitrage dans une maison passive n'apporte pas ou moins de
gains d'énergie solaire qu'un triple vitrage. Ce dernier apporte
dans la maison froide plus d'énergie qu'il ne perd de chaleur.
Sur l'une des faces intérieures on dépose une couche
faiblement émissive et du gaz rare ( Argon , Krypton ) est
introduit entre les faces. De la sorte, les déperditions de
chaleur au m² perdues par un vitrage « classique »
sont deux fois supérieures à celles d'un vitrage
répondant au label Habitat passif. Le problème
rencontré avec le triple vitrage est une déformation des
couleurs. L'architecte doit ainsi choisir des fenêtres qui sont
les plus neutres possibles face à la couleur.
Actuellement on peut trouver sur le marché quelques doubles
vitrages très performants, mais ils n'égalent pas les
qualités d'un triple vitrage. Ils sont toutefois
économiquement plus intéressants. L'architecte Jean-Yves
Barrier a opté pour l'installation de double vitrage dans le
bâtiment Salvatierra , à Rennes. Dans les pays
germaniques, l'utilisation du triple vitrage est
privilégiée. La construction bénéficie
ainsi tant d'une bonne isolation thermique qu'acoustique.
Ces vitrages, très performants en hiver, peuvent poser
problème lors de la période estivale car ils fonctionnent
comme des capteurs. Le soleil étant plus haut en
été qu'en hiver, la maison passive peut se doter de
protections solaires, type auvent ou brise-soleil, qui jouent avec les
inclinaisons du soleil.
Cotés est et ouest, le soleil pénètre
profondément dans les pièces et une protection solaire
pour l'été est nécessaire.
Il n'existe actuellement que très peu de fenêtres
adaptées au label Habitat passif que l'on peut installer en
toiture. C'est encore en cours de développement.
Outre le vitrage proprement dit, la fenêtre dispose d'un cadre
spécifique. En effet, celui-ci est également source de
transfert de chaleur. Au montant en aluminium on
préfèrera un en bois contenant de l'isolation.
L'installation du dormant est particulière, il est notamment
préférable d'installer la fenêtre au milieu de
l'épaisseur du mur plutôt que vers ses extérieurs.
De plus, une isolation adaptée permet de faire la jonction entre
les éléments.
La pose de volets roulants est tout à fait possible, mais il
faut respecter quelques règles. Afin de ne pas créer des
ponts thermiques, ils doivent être installés avec au moins
six centimètres d'isolation forte derrière.
Tout comme les fenêtres, les portes d'entrée sont
spécifiques. Elles contiennent de l'isolation et sont
imperméables à l'air. Les échanges thermiques
entre intérieur et extérieur sont par conséquent
limités.